Et le banc suffoquait…
Non point qu’il eut abusé des émanations de fumée,
mais trop de réminiscences d’instants écoulés lui coupaient le souffle !
Les premiers temps, bois flambant neuf,
coupé en belles planches peintes en blanc et assemblées,
il avait été fier d’offrir une pause aux gens pressés.
Minutes précieuses, instants délicieux, temps gagné.
Rêveries dominicales, songes vespéraux,
corps alanguis
paniers de fruits, de fleurs, châle oublié, déposés comme une offrande,
le banc avait mille et un usages.
Passé le premier temps de l’attirance,
même en faisant peau neuve à chaque saison,
il eut moins d’occasions d’offrir un accueil consolateur aux humains trop stressés.
Puis vint le temps de l’abandon et si longue fut l’attente
que le banc craquela
lorsque l’absence se prolongea, il se dit que Priape l’avait abandonné !
Il le savait , il était voué à finir en bois de cheminée !