Pour vivre ici

Je fis un feu, l’azur m’ayant abandonné,

un feu pour être son ami,

flammes 1Un feu pour m’introduire dans la nuit d’hiver,

Un feu pour vivre mieux.

Je lui donnai ce que le jour m’avait donné :

Les forêts, les buissons, les champs de blé, les vignes,

Les nids et leurs oiseaux, les maisons et leurs clés,

les insectes, les fleurs, les fourrures, les fêtes.

Je vécus au seul bruit des flammes crépitantes,

feu 2

Au seul parfum de leur chaleur ;

J’étais comme un bateau coulant dans l’eau fermée,

barque au sec 3Comme un mort je n’avais qu’un unique élément.

Paul Eluard – Le livre ouvert- Ed Gallimard

2 réflexions au sujet de « Pour vivre ici »

  1. Faire feu de tout bois,
    tirer un trait et repartir de zéro.

    Ou bien, faire la part du feu,
    ne lui abandonner que le superflu
    pour préserver l’essentiel.