Le feu loyal et simple, ardent et chaleureux,
revêt pour nous, tous ses costumes de fumée:
Un bleu léger au clair matin, qui se distingue
à peine de l’azur, puis un blanc boursouflé,
redondant et jovial, qui monte à l’escalade
un peu folle du ciel, puis la gamme soufrée
où déjà se devinent les noirs accablés
dont la trace se traîne si funèbrement
qu’elle éclaircit soudain et se hausse d’argent
le gris jusqu’alors triste et trop bas des nuages.
Le feu qui brûle ton regard te l’aura dit :
La loi du monde est à son terme, mais la loi
de l’univers est sans commencement ni fin.
Armel Guerne « Rhapsodie des fins dernières »